09.06.2009

Le bilan des européennes.

Les élections européennes qui se sont tenues avant-hier ont révélé bien des surprises. En effet, elles ont fait mentir certains sondages et elles bouleversent durablement le paysage politique français.

La première remarque que l’on peut faire, c’est que les listes de la majorité présidentielle sont arrivées largement en tête, obtenant plus de voix que  ce que leur attribuaient les sondages. L’UMP passe ainsi de 17 à 29 eurodéputés. Certes, le Mouvement Populaire n’obtient pas de majorité absolue, mais il importe de préciser à ceux qui ont formulé cette remarque que l’élection du 7 juin était une élection à un tour ! Par conséquent, celui qui gagne, c’est celui qui arrive en tête, c’est-à-dire incontestablement l’UMP. Le parti du Président en sort renforcé, son secrétaire général gagne des gallons électoraux et a fait la preuve de son efficacité. La deuxième partie du quinquennat peut donc être inaugurée sous les meilleures auspices.

La deuxième observation qui s’impose, c’est naturellement l’extraordinaire faiblesse du Parti Socialiste. Alors que tous les sondages prédisaient un score au-dessus de 20%, les listes du PS ne dépassent même pas la barre des 17%, et enregistrent l’un des plus mauvais scores de l’histoire du parti. Le nombre de députés européens PS est donc divisé par deux, et des grandes figures nationales comme Benoît Hamon n’ont pas été réélues. De l’aveu même d’Arnaud Montebourg, la défaite est « cruelle ».

Ce que je considère comme la plus grande surprise de ces résultats, c’est la performance inattendue d’Europe écologie, rassemblement hétéroclite de personnalités médiatiques. Les listes animées par Daniel Cohn Bendit talonnent le PS, et parviennent même à le dépasser en Ile-de-France, et dans la région Sud-Est, faisant rater le parachutage de Vincent Peillon, et laissant deviner des luttes acharnées pour les régionales de l’année prochaine.

Enfin, le MoDem a montré que la critique systématique du pouvoir en place ne pouvait pas être récompensée, que la confusion des enjeux nationaux et européens était une erreur, que sans élus et sans soutiens, on ne pouvait pas obtenir de scores honorables. Alors que François Bayrou espérait secrètement voler la deuxième place au PS, il est relégué à la quatrième, avec moins de 10% des suffrages, alors qu’il comptait sur cette élection pour affirmer sa stratégie élyséenne, il est contraint de l’abandonner subitement. Je doute que le MoDem puisse un jour renaître de ses cendres et se remettre de claque de plus. Il serait temps qu’un jour, François Bayrou prenne conscience que sa stratégie individualiste et présidentielle doit passer après la définition d’un projet commun et collectif, qu’un seul nom ne peut pas représenter un parti à lui seul.

Dans le lot de l’extrême-gauche, on note une déception pour Besancenot qui devra compter sur d’autres élections pour apporter la preuve que sa stratégie anticapitaliste est la bonne. On le disait à 10%, il a fait la moitié, et est devancé par le Front de Gauche, qui grâce au tribun Mélenchon est parvenu à la résurrection du Parti Communiste.

A l’extrême-droite, le FN fait mieux qu’aux législatives de 2007 mais perd 3 élus, avec la réélection de justesse de Jean-Marie Le Pen dans le Sud-Est. Les listes souverainistes financées par Libertas (et donc par un milliardaire irlandais favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE) alliant Villiers et les chasseurs n’ont pas réussi à arriver devant le Front National, et doivent se contenter de moins de 5%

Au final, on note une vraie modification des forces en présence, et il faut revenir quelques instants sur la grande gagnante de cette élection, à savoir l’abstention ! Près de 6 électeurs sur 10 n’ont en effet pas voté, battant de fait le dernier record établi en 2004. Les raisons de ce manque d’intérêt ont été explicitées vendredi dernier par Rachida Dati, qui affirmait qu’il fallait des députés européens plus présents, et qui cessent de dénigrer sans arrêt l’Europe.

Gautier JORION

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