26.06.2009

Remaniement, réajustement, réaménagement...

Je réagis à travers ce billet au remaniement ministériel de mardi soir. En effet, Claude Guéant a annoncé sur le perron de l'Elysée la composition du gouvernement Fillon V.

Vous l'avez constaté, on attendait un « ré aménagement technique »,et on a eu droit à un remaniement en bonne et due forme. En effet, si l'architecture gouvernementale est préservée, huit ministres ont quitté le gouvernement (Barnier, Dati, élus au Parlement européen), ou en ont été évincés (Karoutchi, Jégo, Albanel, Boutin, Laporte,...).

Ces ministres malheureux ont payé les pots cassés en matière de tsunami législatif (Karoutchi et Albanel et les péripéties d'HADOPI), d'agitation sociale-pour ne pas dire révolutionnaire- (Yves Jégo dans les DOM-TOM), ainsi qu'à propos d'inexistence médiatique et de blagues douteuses (Laporte).

Pour combler ces vides, huit personnes ont été nommées. Ainsi, je me réjouis de l'arrivée de Pierre Lellouche (dont les compétences ne sont lus à louer), d'Henri de Raincourt (connu pour sa rigueur), ou de Christian Estrosi (dont l'efficacité est incontestable).

Cependant, quelques faits suscitent ma critique. De fait, j'ai toujours soutenu François Fillon, quand celui-ci défendait la stabilité gouvernementale comme vecteur d'efficacité à moyen et long termes. Or, Brice Hortefeux atterrit place Beauvau,...à peine six mois après sa désignation aux Affaires Sociales!.... En pleine crise économique, faire jouer le tourniquet et changer l'interlocuteur des partenaires sociaux ne constitue pas u n gage de sérieux. Plus généralement, le jeu des chaises musicales, ce symptôme de la cuisine politique (ou politicienne?), s'est reproduit une nouvelle fois. Mais l'originalité, c'est que cette fois-ci, il est stratégique: MAM, qui s'est toujours tue au sujet de la réforme des collectivités territoriales n'était pas qualifiée pour mener à bien cette réforme fondamentale, que Nicolas Sarkozy veut ériger comme étant un des grands chantiers du quinquennat. En revanche, cette avocate de formation était apte à apaiser les professions judiciaires, ulcérées par la réforme (pourtant inéluctable) de la justice française au cours des deux années qu'a passées Rachida Dati place Vendôme. D'autre, part, la nomination d'un européen convaincu (Bruno Le Maire) pour remplacer un europhile (Michel Barnier) peut se comprendre dès lors qu'ont sait que l'agriculture et la pêche sont les premières compétences communautaires. De même, Xavier Darcos ne pouvait plus rester à l'Education Nationale, dans la mesure où, là encore, le système scolaire était opposé à poursuivre sa réforme en sa compagnie.

Un autre enseignement de ce commencement d'une nouvelle page du mandat du Président de la République concerne l'ouverture. Louée par Sarkozy, honnie par d'autres qui y voient surtout des sièges leur échapper, cette marque caractéristique du sarkozysme est indélébile: les ministres de gauche conservent leurs portefeuilles, dans lesquels ils sont confirmés. Néanmoins, force est de constater qu'elle est plutôt marginalisée, en dépit de l'arrivée (fracassante) de Frédéric Mitterrand-cet homme plus de gauche par le patronyme que par les idées et les prises position-, et du trésorier du MoDem, Michel Mercier.

Ainsi, je ne suis pas sûr que ce gouvernement signe l'entame de l'acte II de la mandature, mais davantage une réaction, un nouveau souffle donné à l'action gouvernementale en vue des régionales du printemps prochain. En effet, les scores de l'UMP seront analysés à la loupe (d'autant plus que de nombreux ministres sont têtes de liste: Pécresse, Le Maire, Bachelot, Novelli, Falco, Joyandet, ...), tout lle nombre de régions reconquises, dont l'ampleur marquera la période 2010/2012, entre la rupture (changer pour gagner en 2012), ou la continuité.

Gautier JORION

 

11.06.2009

Des transports en Ile de France !

 

Le constat est alarmant : jeudi dernier, trafic très fortement perturbé sur le RER B, lundi dernier, c’était au tour du RER A, et celui du RER C avant-hier…

La situation est dramatique : en empêchant la mobilité des Franciliens, on paralyse l’activité économique, on bloque toute possibilité de mouvement des touristes, on dégrade fortement la réputation d’excellence de notre pays !...

Certes, la RATP et la SNCF investissent chaque année des centaines de millions d’euros pour moderniser les réseaux, certes de gros efforts sont consentis, mais les usagers ne voient jamais leur situation s’améliorer !...

Le temps presse donc d’agir en profondeur ! Il est plus que temps de remédier à ces problèmes en y apportant les solutions adéquates !

On comprend donc que la politique des transports sera un des enjeux majeurs des régionales du printemps 2010. Or, face à onze années d’échec des socialistes et de leurs alliés, il serait peut-être pertinent d’accorder leur chance à la droite et au centre, emmenés par Valérie Pécresse !...

Gautier JORION

09.06.2009

Le bilan des européennes.

Les élections européennes qui se sont tenues avant-hier ont révélé bien des surprises. En effet, elles ont fait mentir certains sondages et elles bouleversent durablement le paysage politique français.

La première remarque que l’on peut faire, c’est que les listes de la majorité présidentielle sont arrivées largement en tête, obtenant plus de voix que  ce que leur attribuaient les sondages. L’UMP passe ainsi de 17 à 29 eurodéputés. Certes, le Mouvement Populaire n’obtient pas de majorité absolue, mais il importe de préciser à ceux qui ont formulé cette remarque que l’élection du 7 juin était une élection à un tour ! Par conséquent, celui qui gagne, c’est celui qui arrive en tête, c’est-à-dire incontestablement l’UMP. Le parti du Président en sort renforcé, son secrétaire général gagne des gallons électoraux et a fait la preuve de son efficacité. La deuxième partie du quinquennat peut donc être inaugurée sous les meilleures auspices.

La deuxième observation qui s’impose, c’est naturellement l’extraordinaire faiblesse du Parti Socialiste. Alors que tous les sondages prédisaient un score au-dessus de 20%, les listes du PS ne dépassent même pas la barre des 17%, et enregistrent l’un des plus mauvais scores de l’histoire du parti. Le nombre de députés européens PS est donc divisé par deux, et des grandes figures nationales comme Benoît Hamon n’ont pas été réélues. De l’aveu même d’Arnaud Montebourg, la défaite est « cruelle ».

Ce que je considère comme la plus grande surprise de ces résultats, c’est la performance inattendue d’Europe écologie, rassemblement hétéroclite de personnalités médiatiques. Les listes animées par Daniel Cohn Bendit talonnent le PS, et parviennent même à le dépasser en Ile-de-France, et dans la région Sud-Est, faisant rater le parachutage de Vincent Peillon, et laissant deviner des luttes acharnées pour les régionales de l’année prochaine.

Enfin, le MoDem a montré que la critique systématique du pouvoir en place ne pouvait pas être récompensée, que la confusion des enjeux nationaux et européens était une erreur, que sans élus et sans soutiens, on ne pouvait pas obtenir de scores honorables. Alors que François Bayrou espérait secrètement voler la deuxième place au PS, il est relégué à la quatrième, avec moins de 10% des suffrages, alors qu’il comptait sur cette élection pour affirmer sa stratégie élyséenne, il est contraint de l’abandonner subitement. Je doute que le MoDem puisse un jour renaître de ses cendres et se remettre de claque de plus. Il serait temps qu’un jour, François Bayrou prenne conscience que sa stratégie individualiste et présidentielle doit passer après la définition d’un projet commun et collectif, qu’un seul nom ne peut pas représenter un parti à lui seul.

Dans le lot de l’extrême-gauche, on note une déception pour Besancenot qui devra compter sur d’autres élections pour apporter la preuve que sa stratégie anticapitaliste est la bonne. On le disait à 10%, il a fait la moitié, et est devancé par le Front de Gauche, qui grâce au tribun Mélenchon est parvenu à la résurrection du Parti Communiste.

A l’extrême-droite, le FN fait mieux qu’aux législatives de 2007 mais perd 3 élus, avec la réélection de justesse de Jean-Marie Le Pen dans le Sud-Est. Les listes souverainistes financées par Libertas (et donc par un milliardaire irlandais favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE) alliant Villiers et les chasseurs n’ont pas réussi à arriver devant le Front National, et doivent se contenter de moins de 5%

Au final, on note une vraie modification des forces en présence, et il faut revenir quelques instants sur la grande gagnante de cette élection, à savoir l’abstention ! Près de 6 électeurs sur 10 n’ont en effet pas voté, battant de fait le dernier record établi en 2004. Les raisons de ce manque d’intérêt ont été explicitées vendredi dernier par Rachida Dati, qui affirmait qu’il fallait des députés européens plus présents, et qui cessent de dénigrer sans arrêt l’Europe.

Gautier JORION

03.06.2009

Du paradoxe des internautes

Depuis plusieurs années, avec le développement des nouvelles technologies, et en particulier d'Internet, un débat fondamental anime (ou plutôt agite) notre société. C'est celui de la protection de la vie privée, mise à mal par l'idée de "big brother", évoquée par George Orwell dès les années 1940.

On mesure les craintes suscitées par un tel développement du monde virtuel,n qui prendrait même le pas sur celui du réel; et donc sur les politiques des Etats. Un autre danger réside dans le fait que les données personnelles seraient accessibles à n'importe qui, n'importe où, n'importe quand, et que les fichiers pourraient être détournées à des fins obscures et condamnables. Ainsi, les réseaux sociaux où chacun s'exhibe sont, de fait, la possession par quelques actionnaires des vies privées de dizaines d emillions d'individus. De même, la centralisation d'une société exploitant le système Blackberry en un seul pays (en outre, le Royaume-Uni) augure de perspectives inquiétantes: pressions, chantages (et donc corruption des décideurs économiques et politiques), et renseignements illégaux.

Il nous faut donc être particulièrement vigilants. Or, la première vigilance étant de nature individuelle, on peut redouter une exposition toujours plus forte sur la toile. D-s lors, des instances publiques s'imposent. Dans le cas français, on peut se réjouir de la création de la CNIL dans les années 1970, sur décision du président Giscard d'Estaing. Ce rempart protecteur , présidé par le sénateur Axel Türk a su s'imposer et voit sa légitimité suffisamment forte pour exiger des pouvoirs publics des garanties complémentaires sur l'usage des passeports biométriques (2006), ou la refonte du fichier "Edvige" (2008). Reste désormais à inventer une instance internationale (puisque l'Internet n'a pas de frontières) qui puisse incarner une autorité de contrôle de spropriétaires des réseaux sociaux, comme Facebook, et qui puisse éventuellement en être un actionnaire puissant.

Tel est donc le paradoxe des internautes: s'offusquer des atteintes à la vie privée (et à en réclamer un meilleur encadrement), alors qu'ils l'étalent de leur plein gré, et sont par conséquent responsables des dérives éventuelles.

Gautier JORION

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