30.07.2009

Plaidoyer pour une écologie apolitique

Un mois et demi après le succès des listes écologistes aux élections européennes et le succès du film HOME de Yann Arthus-Bertrand, et alors que fait rage le débat sur l'utilité ou non de l'instauration d'une "contribution climat-énergie", plus communément appelée "taxe carbone", ile me paraissait important de revenir quelques instants sur l'écologie d'aujourd'hui.

L'écologie est le symbole des revendicationspost-soixante huitardes, qu'Alain Touraine, ce sociologue proche du Parti Socialiste appelait les NMS (Nouveaux Mouvements Sociaux), en ce qu'ils sortaient pour la première fois de la sphère du travail. Par conséquent, depuis une quarantaine d'années, l'écologie est une revendication (et souvent une inquiétude) sociétale. Les politiques l'ont bien compris, qui l'ont intégré à leurs programmes et à leurs discours. Ainsi, dans les années 1970 est crée le ministère de l'écologie, dont le poids politique n'a cessé de s'accroître depuis, pour devenir un ministère d'Etat sous Nicolas Sarkozy. Le Président Sarkozy, qui, sous la pression d'associations de militants avait promis la convocation d'un Grenelle de l'environnement (qui s'est tenu à l'automne 2007), qui inoverait, dans le sens où tous les acteurs seraient réunis autour de la même table, pour dresser un état des lieux, et élaborer un plan d'actions d'envergure.

Afin de réfleter davantage cette valeur montante, des militants de gauche, dontDominique Voynet, ont crée en 1984 un nouveau parti, appelé les Verts, et à l'instar de nombreux pays européens (par exemple, die Grünen, en Allemagne) . Madame Voynet, et nombre de ses amis, ont souhaité faire de ce nouveau parti, un parti clairement, et sans ambiguité ancré à gauche, au lieu d'en faire une force transversale dépassant les clivages. Ces militants, à l'époque n'avaient pas compris le potentiel des valeurs qu'ils faisaient leurs, en cantonnant leur potentiel électoral à la seule gauche. De fait, en regardant l'organisation structurelle des Verts, on constate une logique d'extrême-gauche, qui parfois tend à l'anarchie, tant les courants multiples souhaitent exprimer (et, bien sûr l'emporter) leur diversité. La stratégie du parti est donc absolument illisible, ce qui a conduit en vingt-cinq ans à une conséquence mortifère et inéluctable: la bouderie par les Français de ce parti, et de facto, sa marginalisation. Faut-il rappeler ici les divers résultats électoraux du parti, qui peine à obtenir plus de trois députés en 2007 après avoir réuni moins d'1,5% des suffrages à la présidentielle, suivie des difficultés aux municipales de 2008, au cours desquelles Dominique Voynet parvient difficilement à être élue à la mairie de Montreuil?

Or, Daniel Cohn-Bendit mérite la palme de la lucidité: il avait compris avant tous les autres, et a prouvé que l'écologie politique ne pouvait être puissante que si elle s'appuyait sur la société civile, toujours plus marquée par la nécessité deprotéger notre environnement. C'est pourquoi il n'a accepté de mener cette campagne européenne, qu'à la condition de pouvoir mettre en oeuvre cette stratégie. Malheureusement, un certain nombre de militants n'ont pas apprécié cet abandon des idéaux gauchistes qui prévalaientdepuis un quart de siècle, et préféré rejoindre le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, allié des Communistes, comme la députée parisienne Martine Billard. 

Je vais donc m'approprier la théorie de Cohn-Bendit,qui est aussi celle de Nicolas Hulot, et affirmer que l'écologie est, ou plutôt doit être une notion qui dépasse les clivages politiques. L'enjeu -la survie de la planète pour nos descendants- dépasse de très loin le cadre des partis, et concerne chacun d'entre nous. Par conséquent, je souhaite que règne la coopération intelligente au lieu de l'opposition et du combat politiciens dans un domaine où le consensus est incontestable!...En clair, l'écologie n'est ni de droite, ni du centre (n'est-ce pas Corine Lepage?), ni de gauche (n'est-ce pas les Verts?), elle est un impératif d'actualité pour le futur, et donc, elle est politique au sens noble du terme!

Gautier JORION

 

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