03.06.2009
Du paradoxe des internautes
Depuis plusieurs années, avec le développement des nouvelles technologies, et en particulier d'Internet, un débat fondamental anime (ou plutôt agite) notre société. C'est celui de la protection de la vie privée, mise à mal par l'idée de "big brother", évoquée par George Orwell dès les années 1940.
On mesure les craintes suscitées par un tel développement du monde virtuel,n qui prendrait même le pas sur celui du réel; et donc sur les politiques des Etats. Un autre danger réside dans le fait que les données personnelles seraient accessibles à n'importe qui, n'importe où, n'importe quand, et que les fichiers pourraient être détournées à des fins obscures et condamnables. Ainsi, les réseaux sociaux où chacun s'exhibe sont, de fait, la possession par quelques actionnaires des vies privées de dizaines d emillions d'individus. De même, la centralisation d'une société exploitant le système Blackberry en un seul pays (en outre, le Royaume-Uni) augure de perspectives inquiétantes: pressions, chantages (et donc corruption des décideurs économiques et politiques), et renseignements illégaux.
Il nous faut donc être particulièrement vigilants. Or, la première vigilance étant de nature individuelle, on peut redouter une exposition toujours plus forte sur la toile. D-s lors, des instances publiques s'imposent. Dans le cas français, on peut se réjouir de la création de la CNIL dans les années 1970, sur décision du président Giscard d'Estaing. Ce rempart protecteur , présidé par le sénateur Axel Türk a su s'imposer et voit sa légitimité suffisamment forte pour exiger des pouvoirs publics des garanties complémentaires sur l'usage des passeports biométriques (2006), ou la refonte du fichier "Edvige" (2008). Reste désormais à inventer une instance internationale (puisque l'Internet n'a pas de frontières) qui puisse incarner une autorité de contrôle de spropriétaires des réseaux sociaux, comme Facebook, et qui puisse éventuellement en être un actionnaire puissant.
Tel est donc le paradoxe des internautes: s'offusquer des atteintes à la vie privée (et à en réclamer un meilleur encadrement), alors qu'ils l'étalent de leur plein gré, et sont par conséquent responsables des dérives éventuelles.
Gautier JORION
11:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, facebook, cnil
29.05.2009
Deux ans de Rachida Dati: le bilan...
Dans quelques jours, Rachida Dati quittera la chancellerie pour le Parlement de Strasbourg, après deux ans passés dans le gouvernement de François Fillon au poste de ministre de la Justice. L’acharnement médiatique contre la maire du VIIème arrondissement m’invite à me poser la question du fond : quelles réformes a-t-elle menées ? La Justice va-t-elle mieux ?
Certes, Rachida Dati a pu donner le fouet pour la battre : la soirée Dior a sans doute été une erreur de communication, qui a donné l’illusion aux Français que la ministre vivait somptueusement aux frais de la princesse, alors que le contribuable devait se serrer la ceinture en période de crise. Sans doute certaines réformes menées tambour battant ont braqué des catégories professionnelles rétives au changement. Cependant, je ne crois pas que sa sortie de la maternité cinq jours après la naissance sa fille ait été un pied de nez aux femmes, qui se sont battues pour l’obtention de droits particuliers. Au contraire, cette sortie si rapide est une preuve de dévotion totale à son travail, à la mission qu’elle exerce au nom des Français.
Cependant, Rachida Dati a expliqué dimanche dernier au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI qu’elle avait mené les réformes fixées dans sa lettre de mission par le Président Sarkozy, « au risque de l’impopularité" dit-elle. De fait, si l’on compare la liste exhaustive du programme du candidat de l’UMP en 2007 avec celle des réformes conduites par la ministre de la Justice, on trouve peu des différences : les promesses ont été tenues ! L’instauration de peines planchers pour les multi-récidivistes ? C’est fait ! La réforme de la carte judiciaire ? C’est fait ! La création d’un poste de contrôleur des lieux de « privation de liberté » ? C’est fait ? L’ouverture de 5000 nouvelles places de prisons ? C’est fait ! La réforme de l’ordonnance de 1945 sur le statut pénal des mineurs, la réforme de la procédure d’instruction sont aussi dans les tuyaux après les rapports des commissions Léger et Darrois. En deux ans, Rachida Dati est demeurée fidèle à sa réputation de « boulimique de travail » et a réalisé ce que Nicolas Sarkozy avait prévu pour la mandature ! Pour une fois qu’un membre de gouvernement achève plus vite que prévu le travail qui lui était confié, on devrait plutôt le féliciter !...
![IMG_0463[1].jpg](http://leblogdegautierjorion.hautetfort.com/media/00/01/618641536.jpg)
Je veux bien admettre que celle que les médias surnommaient « l’enfant chérie du sarkozysme » il y a deux ans se soit attiré très vite l’hostilité de son administration. Sans doute des réformes ont causé des frictions, sans doute les magistrats, les avocats, les gardiens de prison ont-ils exprimé leur mécontentement. Mais j’analyse davantage cette insatisfaction à une nouveauté, à un ministère inédit : la réforme de la Justice française. Trop longtemps, la chancellerie est restée immobile et paralysée, trop souvent elle n’a pas su entreprendre les changements nécessaires (d’autant plus que les conseils de l’ordre bloquaient toute tentative de réforme, pour préserver leurs acquis et sauvegarder leurs privilèges), ce qui l’a conduite au drame judiciaire d’Outreau.
Nicolas Sarkozy avait compris que le système judiciaire était malade et nécessitait un traitement de choc. Son programme était à la hauteur des enjeux. Rachida Dati, au-delà du pur symbole était, de par sa formation et son caractère taillée pour le poste.
Dès lors, il faut bien comprendre ce que le microcosme reproche à Rachida Dati : la réforme d’un système sclérosé se cramponnant à ses prérogatives et la focalisation sur la forme, qui occulte totalement le fond des réformes engagées. Ce qui est profondément regrettable, c’est qu’ai lieu de se centrer sur une justice en convalescence, les médias, préférant les images aux débats institutionnellement techniques, se contentent de critiquer une personnalité.
Gautier JORION
00:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rachida dati, nicolas sarkozy, ministère de la justice
23.05.2009
DEBAT AVEC JEAN-PAUL GAUZES, DEPUTE EUROPEEN
Ce samedi 23 mai, les Jeunes Populaires de Fécamp organisaient une journée de mobilisation pour l'Europe. Si le tractage a reçu un bon écho parmi la population, le point fort de cette journée a été le déjeuner/débat, dont j'ai animé le volet institutionnel avec le député Daniel Fidelin, et l'eurodéputé Jean-Paul Gauzès. Ce dernier a profité de notre rencontre pour rappeler à quel point cette échéance était lourde d'enjeux. Ainsi, quelques points me paraissent essentiels.
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D'abord, la crise. Jean-Paul Gauzès a rappelé les différentes dates de la mobilisation de l'Europe pour faire face à la crise financière, puis économique; notamment sous présidence française. L'Europe a assoupli les règles du pacte de stabilité et de croissance, elle a coordonné les efforts nationaux, elle a permit une coopération élargie, menant aux G20 de Washington en novembre 2008, et de Londres en avril dernier.
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Ensuite, la nécessité de remettre l'Europe sur les rails, de la sortir de l'impasse institutionnelle dans laquelle elle est bloquée depuis plusieurs années. Ainsi, il se déclare favorable à aller jusqu'au bout de la démarche du traité simplifié; la seule qui puisse réformer l'Europe en profondeur, car la seule à même de lui donner les moyens de se gouverner.
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Par ailleurs, Le député européen est revenu sur la nécessité pour l'UE de rester en pointe en matière politique environnementale. Il faut poursuivre sur la voie des « 3*20 » (diminution de 20% des é »missions de gaz à effet de serre, en portant à 20% la part des énergies renouvelables dans la production totale d'énergie, et améliorer l'efficacité énergétique de tous les bâtiments de 20% ). Ce pendant, il a expliqué qu'il ne fallait céder aux sirènes des ultra-écolos en ceci que des mesures trop fortes empêcheraient les entreprises de s'adapter aux nouvelles réglementations, et seraient dès lors confrontées à de graves difficultés. Monsieur Gauzès s'est également montré réservé sur la fiscalité verte, car elle ne représente pas une recette fiable pour les collectivités, et il doute de l'efficacité de l'application de l taxe carbone dans la mesure où les exportations européennes présentent un bilan carbone plus lourd que ses importations.
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Enfin, la question de la Turquie, et de l'éventualité de son entrée dans l'UE ont retenu notre attention. Nombreux sont ceux qui font de ce thème leur principal cheval de bataille, en argumentant que Nicolas Sarkozy jouerait un double jeu, en ce que sa présidence du second semestre 2008 a vu l'ouverture de nouveaux chapitres de procédures d'adhésion. Jean-Paul Gauzès a martelé que ce processus en contenait 35, et que le Président n'avait pas le choix: les règles européennes l'obligeaient à entamer ces deux chapitres, car le processus a déjà amorcé depuis longtemps. Ne pas les lancer, c'eût été nier les règles en vigueur en Europe. L'eurodéputé a répété l'opposition ferme de la majorité présidentielle à l'entrée de la Turquie dans l'UE, puisqu'elle ne fait partie de notre continent.
Merci à Jean-Paul Gauzès pour sa présence, et ses réponses!
Gautier JORION
17:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul gauzès, daniel fidelin, fécamp, élection européenne



