23.05.2009

Faut-il laisser les extrêmes s'exprimer?

 A l'occasion des prochaines élections européennes, les représentants des extrêmes de l'échiquier politique français ressortent leur vieille rengaine selon laquelle les médias ne désirent pas les laisser s'exprimer, ou qu'ils sont victimes d'un « lynchage médiatique », voire d'une véritable hégémonie de la pensée unique sur la scène médiatique française.


On pourrait d'ores et déjà objecter que le CSA veille de très près à ce que chacun soit logé à la même enseigne, ou en tout cas, à ce que personne ne passe à la trappe. De plus, les partis extrémistes parviennent, par l'intermédiaire des médias à faire passer ce message de leur mise à l'écart. C'est suffisamment cocasse pour que ce paradoxe soit activement souligné. Enfin, il est évident que l'exposition médiatique des partis est fonction de leur poids dans la société. Ainsi, on comprend aisément que l'électorat du Front National ayant été divisé par deux, la présence de Jean-Marie Le Pen sur les plateaux de télévision a, elle aussi, été considérablement affaiblie.


Mais plus fondamentalement, on voit poindre ici un enjeu majeur pour la démocratie. En effet, faut-il laisser les opinions extrémistes s'exprimer, et, dès lors, se diffuser dans la société française? Les opinions antidémocratiques peuvent-elles avoir droit de cité? Quid des thèses négationistes et autres?


Je serais tenté de défendre l'idée selon laquelle chacun doit pouvoir s'exprimer, et même que la démocratie se doit d'être attentive aux minorités, pour éviter la tyrannie de la majorité contre laquelle Tocqueville avait déjà mis en garde. Mais ce devoir ultra démocrate ne doit pas être assimilé à un excès de naïveté. De fait, je suis conscient des dangers induits par une telle posture: la propagation rampante de toutes les formes de racisme, les négationismes de l'histoire (réveillés, d'ailleurs, par l'affaire Williamson), ou de théories allant à l'encontre des fondements de la démocratie. Cependant, il est clair que des règles législatives ont déjà été fixées, comme la loi Gayssot, et que celles-ci, en cas de dérapage verbal, doivent être scrupuleusement appliquées. De plus, je crois que les citoyens sont vigilants et qu'ils sanctionneront d'eux-même toutes ces hypothèses évoquées plus haut.


Au final, on mesure combien les avantages d'une liberté de toutes les opinions sont supérieurs à ses inconvénients. Une telle mesure, loin d'affaiblir la démocratie, ne ferait que la renforcer, car elle gagnerait beaucoup en légitimité. Une absolue liberté de pensée (s'inscrivant dans le cadre des frontières de la véracité historique et de la tolérance de la diversité) n'est rien d'autre que l'accomplissement du projet démocratique: l'opportunité donnée à chacun de faire entendre son point de vue, éventuellement discordant.

Gautier JORION

18.05.2009

Elections européennes.

A l’occasion de deux derniers sondages à propos des élections européennes du 7 juin, il me paraît important de revenir sur les enjeux et les enseignements de ce scrutin.

 Le premier,  paru dans le Libération d’aujourd’hui crédite les listes de la majorité présidentielle de 6 points d’avance sur celles du PS, et l’autre, réalisé pour Europe1, portant exclusivement sur la région francilienne,  place la liste de Michel Barnier et de Rachida Dati à 11,5 points de plus que celle d’Harlem Désir.

Il est assez regrettable que les Français ne s’intéressent pas davantage à ce scrutin, dans la mesure où il revêt des enjeux majeurs. De fait, l’abstention s’avère être le principal danger de cette élection. Or, cette dernière a un caractère symbolique, puisqu’elle célèbre le trentième anniversaire de l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct (avec rappelons-le, l’élection de Simone Veil en 1979), qui a été une avancée incontournable de la démocratisation de l’Europe. Une faible participation serait donc un pied-de-nez fait à un ensemble, qui depuis plus de cinquante ans permet à notre continent de vivre en paix et de connaître la prospérité économique. Par ailleurs, Rachida Dati le rappelait récemment, une part croissante des textes adoptés par le Parlement sont la mise en application dans le droit national du droit communautaire. Il est donc vital et essentiel de participer à ce débat européen, puisque les représentants qui siègeront à Bruxelles et à Strasbourg détiendront entre leurs mains le pouvoir de régir nos vies pour les cinq prochaines années !...

 Mais ces sondages, assez semblables dans leurs conclusions mettent en lumière un autre enseignement. Le PS, comme le titrait Libération la semaine dernière, peut avoir « peur du bide ». En effet, les mauvais chiffres de ces sondages, qui pèseront à l’avenir sur les épaules de Martine Aubry peuvent s’expliquer clairement, dès lors qu’on sait que près de la moitié des électeurs souhaitent sanctionner le Président à l’occasion des européennes (confondant ainsi les enjeux nationaux et les enjeux européens). Les électeurs préfèrent plébisciter les listes extrêmes, celles du NPA de Besancenot ou du Front de gauche de Mélenchon/Buffet, retirant ainsi au Parti Socialiste son statut de principale force de l’opposition. On peut donc penser que désormais, si les sondages sont confirmés par les résultats des urnes, le PS perdra de son influence (payant de facto ses sempiternelles divisions), et laissera sa place à la « gauche de la gauche » considérablement revigorée.

Alors, on comprend bien qu’il faut se rendre aux urnes le 7 juin, mais qu’il faut auparavant prendre conscience des enjeux européens. Faut-il une Europe prenant la direction du fédéralisme ? Ou plutôt une Europe qui soit respectueuse des spécificités des 27 Etats qui la composent ?

 

Gautier JORION

13:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, ump, ps

Romain Bongibault

Rencontré en décembre dernier, j'ai découvert en Gautier bien plus qu'une simple relation comme la politique peut le permettre. En effet, grâce aux discussions que j'ai pu avoir avec lui, je me suis très vite aperçu de l'humanité, de la maturité, du souci des autres se dégageant de cet ami fidèle, sur qui l'on peut compter.


Son engagement au sein d'Handipop le montre bien : l'amour du prochain et l'écoute des autres sont ses maîtres mots.
La simplicité, l'honnêteté et son appui, la soif de son savoir et sa volonté de vivre pleinement les choses font de cet homme, quelqu'un d'admirable et de respectable !

Cela se confirme une fois de plus pleinement avec l’ouverture de ce blog par sa volonté de dialogue et de débat quotidien.


Voilà pour moi qui est Gautier Jorion.


Romain Bongibault.