19.09.2009
Appel pour un retour de l'éthique!
L'une cristallise les déchirures de la droite. L'autre éclabousse durablement la gauche. L'une et l'autres sont dégoûtantes, répugnantes et décevantes. L'une comme l'autre sont pour partie responsables de l'éloignement des Français de la politique, ceux-ci se lassant de tous ces stratagèmes. L'une, c'est l'affaire Clearstream dont le procès commence après-demain lundi. L'autre, c'est le soupçon de fraudes massives dans l'élection de Martine Aubry au poste de Premier Secrétaire du PS en novembre 2008, comme vient de le révéler un livre: Hold-uPS, arnaques et trahisons.
L'une a éclaté il y a quelques années, comme un pétard mouillé à la veille de l'élection présidentielle, comme pour géner la candidature de Nicolas Sarkozy. Le scandale de ces faux-listings, apparement rédigés par un informaticien d'EADS tient en ce que nombre de personnalités y étaient accusées d'avoir ouvert un compte dans la banque luxembourgeoise éponyme. Le vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, tenu informé de l'existence de ce listing, s'en est inquiété auprès de son ami Dominique de Villepin, alors ministre des affaires étrangères. Une des énigmes du procès sera de savoir si Nicolas Sarkozy (qui s'est constitué partie civile, une première pour un Président) était déjà inscrit, ou si Villepin a saisi l'occasion pour rajouter son nom, et déstabiliser de fait un concurrent potentiel en vue de la présidentielle de 2007. Le Président n'est pas la seule personnalité concernée par cette tentative de diffamation: Brice Hortefeux, Laurent Fabius et d'autres ont découvert à leur grande stupeur leur présence sur celui-ci!...Ce listing est-il l'oeuvre du seul Imad Lahoud, ou bien d'une officine privée qui a instrumentalisé EADS pour lui donner plus de poids? Le pouvoir de l'époque a-t-il utilisé les services secrets (comme l'a affirmé le général Rondot) pour déjouer les plans d'un rival, et imposer sa candidature? Cette affaire, qui a fait dire à Christophe Barbier dans l'éditorial de l'Express de cette semaine, qu'en France "il n'y avait pas de débats politiques, mais un combat" est peut-être le dernier épisode (espérons-le!) de l'amertume entre les chiraquiens et les balladuriens.
L'autre a fait l'effet d'une bombe dans un parti qui venait juste de retrouver un semblant d'unité aux universités d'été de La Rochelle et qui parvenait difficilement à panser ses plaies. Le ressentiment que se vouaient les deux dames (Martine Aubry et Ségolène Royal) était mis en sourdine, la poitevine pouvant même se voir confier des missions par la lilloise. Mais patatras: on apprend que les chiffres de la fédération du Nord ont été modifiés de telle façon que si la Guadeloupe et la Martinique votaient à 100% pour Royal, Aubry l'emportait. C'est l'aveu de Victorin Lurel. Comme Daniel Cohn Bendit l'a affirmé cette semaine, "le PS, c'est comme le football: celui qui gagne, c'est celui qui triche mieux que l'autre". Ségolène Royal, qui s'est dite "meurtrie", et a affirmé qu'on "avait volé le vote de dizaines de milliers de militants" (tout en passant que la seule chose qu'on lui avait volée, c'était sa victoire et donc, son fauteuil...), a réagi à travers une "déclaration solennelle" et, toujours plus isolée, lâchée par tous ses soutiens, a demandé un nouveau vote dans les fédérations litigieuses. La direction actuelle feint d'ignorer la gravité de la situation et son possible envenimement, et les anciens royalistes affirment que le camp était au courant de toutes ces fraudes, et qu'il les avait signalées à la commission de récollement présidée par Daniel Vaillant fin 2008.
Ces deux affaires ternissent l'image du spectre politique dans son ensemble: il est urgent qu'on y mette fin, pour que les Français se remettent à croire à la politique!
Gautier JORION
10:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, dominique de villepin, brice hortefeux, martine aubry, segolene royal, christophe barbier
08.09.2009
Les dossiers phares de la rentrée politique.
A l'occasion da la rentrée politique, il me paraissait intéressant de passer en revue un certain nombre de sujets pour lesquels le gouvernement et la majorité sont attendus au tournant. Je dresse donc ici une liste non-exhaustive mais commentée.
- D'abord, et évidemment, il faut être extrêmement vigilant sur l'évolution du virus de la grippe A. Alors que naît une polémique sur le nombre de personnes contaminées chaque semaine dans le pays, on peut être soulagé des mesures de prévention mises en place (fermeture éventuelle des classes, spots télévisés et radiodiffusés, affichages dans les gares et aéroports, stock de 90 millions de doses de vaccin, ...). Pour éviter tout éparpillement, un tandem de communicants a été désigné sur le sujet: Brice Hortefeux et Roselyne Bachelot.
- Deuxième sujet, et pas des moindres, celui du développement durable. Alors que le PS, et notamment Madame Royal, font preuve d'une démagogie répugnante, le gouvernement a pris ses responsabilités, tenant par le même coup un des engagements de campagne de Nicolas Sarkozy. La contribution climat-énergie doit avoir pour but de placer la France en tête des Nations exemplaires en vue du sommet de décembre à Copenhague où se jouera l'avenir du globe. Un échec ou une demie-réussite ne sont pas permis.
- L'avenir du monde, à plus court terme se jouera aussi à la fin du mois, à l'occasion du sommet du G20 de Pittsburgh. Nicolas Sarkozy, François Fillon et les membres du gouvernement de notre République se sont prononcés pour une moralisation du capitalisme, pour que plus jamais la finance reprenne le dessus sur l'économie, pour que la richesse prime toujours sur l'enrichissement. Après l'adoption de grands principes en avril, le G20 se doit de se mettre d'accord sur une toute une batterie de mesures techniques visant à encadrer les hedge funds, à conditionner les bonus extravagants aux performances individuelles, à limiter la pratique des parachutes dorés...
- La réforme des collectivités territoriales tient aussi le haut du pavé. Une loi reprenant les principales préconisations du comité présidé par Edouard Balladur a déjà été reportée, et ne pourra vraisemblablement pas entrer en vigueur avant les régionales de mars 2010. Souhaitons que le gouvernement ne recule pas sur ce texte que je juge essentiel: sus au mille-feuille administratif, inefficace, coûteux et auquel personne ne comprend plus rien!...J'incluerai également le redécoupage électoral, toujours contesté par l'opposition malgré l'avis favorable rendu par une commission neutre présidée par Yves Guéna qui doit passer prochainement devant le Parlement.
- Le vote -enfin!- de la loi Hadopi en septembre devrait mettre un terme à un feuilleton politico-débile particulièrement décevant. Notre politique numérique et la protection de la création et de nos créateurs méritent mieux que ces pratiques de caniveau.
- Enfin, le gouvernement, à travers deux projets de loi (la réforme du staut de La Poste, défendue par Christian Estrosi, et celle de la Justice proposée par MAM), risque de s'attirer les foudres des catégories professionnelles concernées, dont on sait qu'elles sont très attachées au statu quo. A ces deux ministres d'user de pédagogie pour leur prouver que ces réformes sont nécessaires en l'état actuel des choses, et qu'ils ont à y gagner!
Vous l'aurez compris, l'actualité des prochains mois promet d'être riche, à nous de nous tenir informés, et de défendre nos convictions!
Gautier JORION
19:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, françois fillon, michelle alliot marie, christian estrosi, brice hortefeux, roselyne bachelot



